Le prélèvement forfaitaire unique a été porté à 31,4 % en 2026 sur la plupart des revenus d’épargne, contre 30 % auparavant. Cette hausse, liée au relèvement de la CSG sur les revenus du capital à 10,6 %, modifie le rendement net de tous les comptes fiscalisés. Identifier précisément quels produits y sont soumis, et lesquels y échappent, conditionne toute allocation patrimoniale sérieuse.
Hausse de la CSG à 10,6 % : impact concret sur le PFU en 2026
La composante fiscale du PFU reste fixée à 12,8 %. Ce qui a changé, c’est la fraction sociale : la CSG est passée à 10,6 %, portant le total des prélèvements sociaux à 18,6 % (CSG 10,6 % + prélèvement de solidarité 7,5 % + CRDS 0,5 %). Le PFU global atteint donc 31,4 %.
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Ce taux s’applique aux intérêts des livrets bancaires ordinaires, aux comptes à terme, aux coupons obligataires perçus sur un compte-titres, aux dividendes et aux plus-values de cession mobilières hors PEA. L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible, mais elle ne dispense pas des 18,6 % de prélèvements sociaux.
Nous observons que cette hausse de 1,4 point réduit le rendement net d’un livret bancaire à taux nominal de 3 % de façon sensible. Un épargnant qui néglige ce recalcul surestime mécaniquement la performance réelle de ses placements fiscalisés.
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PEL et CEL : fiscalité des comptes épargne logement
Le plan d’épargne logement ouvert à partir du 1er janvier 2018 voit ses intérêts soumis au PFU dès la première année. Les PEL ouverts avant cette date restaient exonérés d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années, mais cette exonération ne concerne plus les ouvertures récentes.

Point technique à retenir pour 2026 : le PEL est exonéré de la hausse de CSG. Le PFU applicable aux intérêts du PEL reste à 30 %, et non 31,4 %. Un PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 affiche un taux brut garanti de 2 %, soit environ 1,4 % net après prélèvements. Cette exception réglementaire n’est pas anecdotique : elle crée un écart de traitement fiscal entre l’épargne logement et les autres comptes fiscalisés.
Le compte épargne logement (CEL) suit la même logique. Ses intérêts, autrefois exonérés pour les plans ouverts avant 2018, tombent désormais dans le champ du PFU pour toute ouverture postérieure.
Livrets bancaires, comptes à terme et obligations : la base imposable la plus large
Les comptes les plus couramment fiscalisés sont les livrets bancaires non réglementés, parfois appelés « super livrets ». Leurs intérêts sont intégralement soumis au PFU de 31,4 % en 2026. Aucune exonération partielle, aucun abattement.
Même traitement pour les comptes à terme (CAT) et les comptes de dépôt rémunérés. Les coupons d’obligations détenues en compte-titres ordinaire subissent le même prélèvement. Nous recommandons de comparer systématiquement le taux net après PFU avec le taux des livrets réglementés (Livret A à 1,5 %, LDDS au même niveau) pour évaluer si le surplus de rendement brut compense réellement la charge fiscale.
- Livret bancaire ordinaire : intérêts soumis au PFU de 31,4 % sans abattement ni exonération
- Compte à terme : même régime, quelle que soit la durée de blocage des fonds
- Obligations en compte-titres : coupons et plus-values imposés au PFU, sauf option pour le barème progressif
- Dividendes d’actions en compte-titres ordinaire : PFU de 31,4 % ou barème avec abattement de 40 % sur option
Assurance vie et PEA : des enveloppes fiscalisées sous conditions
L’assurance vie n’est pas exonérée d’impôt. Elle bénéficie d’un régime dérogatoire qui dépend de la durée de détention et de la date des versements. Pour les contrats de plus de huit ans, un abattement annuel s’applique sur les gains lors d’un rachat. En dessous de huit ans, les gains sont soumis au PFU de 31,4 % sans abattement.
Les prélèvements sociaux sur les fonds en euros sont prélevés chaque année, au fil de l’eau, y compris en l’absence de rachat. Ce mécanisme est souvent ignoré : même sans toucher au contrat, l’épargnant subit annuellement les 18,6 % de prélèvements sociaux sur les intérêts du fonds euros.
Le PEA (plan d’épargne en actions) devient fiscalement avantageux après cinq ans de détention. Avant cette échéance, les gains sont imposés au PFU. Après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus, la part d’impôt sur le revenu disparaît. Le PEA-PME suit les mêmes règles.
Rappel des enveloppes réellement exonérées d’impôt et de prélèvements sociaux
Pour clarifier la frontière, voici les produits totalement exonérés, ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux sur les intérêts :
- Livret A : exonération totale, plafond de 22 950 euros hors intérêts capitalisés
- LDDS (livret de développement durable et solidaire) : même régime, taux identique au Livret A à 1,5 % depuis février 2026
- LEP (livret d’épargne populaire) : exonéré, taux de 2,5 % depuis février 2026, sous condition de revenus
- Livret Jeune : exonéré, réservé aux 12-25 ans, taux fixé par chaque banque

Optimiser la répartition entre comptes imposables et exonérés
Remplir d’abord les enveloppes exonérées jusqu’à leur plafond avant de placer sur un livret fiscalisé reste la règle de base. Avec un Livret A à 1,5 % net et un livret bancaire à 3 % brut ramené à environ 2,06 % net après PFU de 31,4 %, l’écart de rendement net est plus mince qu’il n’y paraît.
Le LEP à 2,5 % net surpasse la plupart des livrets bancaires après fiscalité. Pour les épargnants éligibles, maximiser le LEP avant tout autre placement de trésorerie est une décision qui ne se discute pas en 2026.
Au-delà des livrets, l’arbitrage entre compte-titres ordinaire (PFU 31,4 %) et PEA (prélèvements sociaux seuls après cinq ans) dépend de l’horizon de placement. Un investisseur qui accepte un blocage de cinq ans économise 12,8 points de fiscalité sur chaque euro de gain. Ce différentiel justifie à lui seul de privilégier le PEA pour toute exposition actions de moyen terme.

